ROMAIN PELLAS

2. Textes


Dirk Teuber, Texte du catalogue de l’exposition « Zone d’Activités », Rastatt, Allemagne

“Gulliver au pays des lilliputiens. La noblesse de la salle restitue encore l’atmosphère de la représentation et du pouvoir féodal, malgré sa proximité qui la liait avec la résidence des margraves du pays de Bade, elle faisait office d’écurie. Entre ses murs s’étend la maquette d’une ville d’une hauteur déterminée et dont les matériaux et les formes indéterminées font écho à une réflexion aux facettes multiples. Avec un certain recul on embrasse du regard les rues et les places de cette ville dont les bâtiments et les fabriques renvoient à des raffineries et des usines chimiques. On se rêve dans ces rues où des gens flânent et se hâtent d’édifice en édifice. Autoroutes urbaines recouvrent des quartiers entiers qui se donnent comme autant de centres logistiques, de zones industrielles et de pôles administratifs ou commerciaux. Ce n’est pas la maquette d’une ville existante, mais celui d’une occupation au sol déterminée par une architecture fictive. Une « Zone d’Activités ».”

Le langage des flux, Fabrice Hergott

“Les constructions que Romain Pellas réalise depuis un peu plus d’une dizaine d’années sont toutes faites à partir d’éléments de récupération. Ce sont des chutes de bois trop petites ou de trop mauvaise qualité pour rester dans un circuit d’objets d’usage et commercialisables. Leurs dimensions ne permettent plus d’être utilisés pour l’industrie, l’artisanat ou même pour cette forme d’artisanat domestique non rémunérée qu’est le bricolage. L’artiste les choisit parce qu’un objet hors d’usage n’a pas ou peu de valeur économique, lui permet ainsi de mieux gérer la viabilité de son œuvre tout en situant ses œuvres en retrait des autres formes construites. Cette position matérielle existe depuis les œuvres Dada de Arp, Schwitters puis Rauschenberg, mais elle n’avait jamais pris cette forme de construction mi-hasardeuse mi-planifiée. Le « Merzbau » de Schwitters répondait à une logique d’accumulation et de variété sans fin. Ici nous sommes en présence de constructions où le hasard semble déterminant dans l’élaboration mais prend fin dès qu’est franchie la limite que l’artiste s’est imposée.”

Entretien entre Elisabeth Lebovici et Romain Pellas, exposition Espace des arts Colomiers, Juin 2007.

Au départ, quand j’ai commencé “Le Village”, en 1977 dans le jardin familial, alors que je n’avais pas la moindre idée que j’allais être artiste, j’avais le désir de placer quelque chose d’artificiel dans une situation
réelle, donc l‘extérieur, donc la nature, donc la rue… À chaque fois cette situation entraînait une lutte continue contre la pluie, le vent, l’eau, l’humidité ou la pourriture. L’éphémère m’intéresse, bien sûr,
comme limite. Si je fais des choses dans l’atelier pour les mettre dans la rue, je ne choisis pas du tout l’endroit, et plus c’est dangereux, plus ça me plaît. Ce qui ne m’empêche pas de prendre des photos,
de filmer ce que j’ai fait avant de démonter le travail. Je choisis de ne pas laisser s’autodétruire les éléments que j’ai placés dehors. De sorte que mon travail, qui, à mon sens, tire sa fragilité de sa force – ou sa force
de sa fragilité toujours les deux en même temps – peut être considéré comme résistance à l’éphémère”

PDF Catalogue d’exposition Romain Pellas, Espace des arts Colomiers, 2007

PRESSE

Le journal des Arts, avril 2004

le journal des arts

Libération, janvier 2003

Liberation

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.